L’histoire de la chanson “Pardon”

J’étais emmitouflée dans une couverture de tristesse.
Dans le quartier du East Village, j’avais loué un taudis où régnaient en maîtres cafards et autres insectes qui me donnaient la nausée.
J’ai souvent cru que je pouvais me réduire, me tasser, m’enfouir là où je ne risquerais plus de me mettre en danger.
Le prix était plus que raisonnable — du moins, avant que les pas de ces bestioles, des toilettes au réfrigérateur, n’écrasent mon moral et ma dignité.

Nous sommes en 2015.
Avril s’efface, mai approche.
Je suis là pour ne plus déranger ma copine, chez qui je suis déjà restée bien trop longtemps.
Je suis là pour tenter de structurer ma première idée de livre.
Je suis là, surtout, pour fuir un cœur brisé.

Il y a moins de six mois, l’homme que j’ai aimé pendant plus de sept ans s’est enfin débarrassé de moi.
Trempée de manque, noyée par une relation qui ne m’avait jamais comblée, je voyageais.
En quête. De joies.
Et oui — sans oser me l’avouer — en quête d’amour.

À cette époque, j’avais entamé le chemin de la psychothérapie.
Je réfléchissais à moi, à ce que j’avais fait de ma vie.
Écrire — ou tenter de le faire — me renvoyait à la vérité : j’étais assise à la place d’un autre.
Une fois que mon ego s’était enorgueilli de pouvoir donner des conseils, accompagner des marques, tenir des conférences, voire lancer des programmes de master,
il ne restait plus que ce sentiment étouffant : celui d’être coincée, sans désir, dans une carrière que j’avais usurpée — puisqu’elle n’était pas la mienne.

J’avais passé ma vie à croire les autres responsables de mes choix.
À préférer subir et me plaindre, plutôt que de suivre mon propre chemin.
Et c’est là, assise sur un petit futon, face à un lit défait, dans cette ambiance sale et délabrée, que Pardon m’est venue.

Comme un jet de lumière dans toute cette pénombre que, jusque-là, je m’étais complu à côtoyer,
elle a guéri mes maux.
“Pardon” évoque la réconciliation.
Avec la vie. Avec ses rêves. Avec les autres.
Tout ce qu’on a pris pour acquis.
Tous ceux qu’on a punis d’être mal ici.
Tout ce que l’univers nous a offert pour rire, aimer, partager…
Ils sont tous invoqués, appelés à entendre nos excuses.

Faute chantée, entièrement pardonnée.

Pardon libère.
Pardon frôle la réalité avec une douce humeur qui peu à peu s’émerveille pour mieux transcender.
C’est une prière de joie,
par laquelle se révèlent vos dons.

Pardon.

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